Catégorie : Géopolitique

  • IL NOUS FAUT FAIRE DE LA POLITIQUE AUTREMENT: HOMMAGE AU PROFESSEUR LESLIE FRANÇOIS MANIGAT, LA CONSCIENCE INTELLECTUELLE D’UNE NATION EN QUETE DE SENS

    IL NOUS FAUT FAIRE DE LA POLITIQUE AUTREMENT: HOMMAGE AU PROFESSEUR LESLIE FRANÇOIS MANIGAT, LA CONSCIENCE INTELLECTUELLE D’UNE NATION EN QUETE DE SENS

    Certaines voix ne disparaissent jamais vraiment. Elles quittent le monde des vivants, mais elles continuent d’habiter la mémoire collective, de questionner les consciences et d’interpeller les générations futures. Le professeur Leslie François Manigat appartient à cette catégorie d’hommes dont la mort, survenue en 2014, n’a pas mis fin au dialogue qu’il avait commencé avec son peuple. Sa pensée et son exigence intellectuelle continuent de nous rappeler qu’une nation ne se construit pas uniquement avec des institutions, des discours ou des changements de dirigeants, mais d’abord avec une vision, une conscience et une manière différente de penser le destin collectif.

    « Il nous faut faire de la politique autrement ». Cette phrase, devenue l’une des expressions les plus fortes de sa pensée, dépasse largement le cadre d’un simple commentaire sur la vie politique haytienne. Elle constitue presque un testament philosophique. Elle porte en elle une critique profonde de la manière dont les sociétés humaines organisent le pouvoir, mais aussi un appel à réinventer le rapport entre l’homme, l’État et la communauté.

    Pour Leslie François Manigat, la politique n’était pas une bataille pour conquérir des positions, ni un moyen d’obtenir des privilèges. Elle était une responsabilité historique. Elle était l’espace où une société réfléchit sur son avenir, où une génération décide de ce qu’elle veut transmettre à celle qui viendra après elle. Faire de la politique autrement signifiait donc redonner à la politique sa dimension la plus noble: celle d’un service, d’une intelligence collective et d’une recherche permanente du bien commun.

    Dans un monde où la politique est souvent réduite à des calculs, à des intérêts personnels et à des luttes de pouvoir, la pensée de Manigat apparaît comme une exigence morale. Il nous rappelle que le problème d’une nation n’est pas seulement la qualité de ceux qui gouvernent, mais aussi la profondeur de la culture politique qui permet ou empêche leur émergence.

    Hayti a souvent souffert d’une contradiction douloureuse: une histoire remplie de courage, de résistance et de grandeur, mais une difficulté persistante à transformer cette force historique en un projet national durable. Leslie François Manigat avait compris que la crise haytienne n’était pas seulement économique ou institutionnelle. Elle était aussi intellectuelle, culturelle et spirituelle. Une société qui perd le sens de la réflexion finit par être dominée par l’urgence, par les passions et par les illusions.

    L’un des grands enseignements de son parcours est que la reconstruction d’un pays commence par la reconstruction de la pensée. Avant de bâtir des institutions solides, il faut bâtir des consciences solides. Avant de demander une nouvelle classe politique, il faut former une nouvelle culture politique. Car aucun changement durable ne peut naître d’une société qui refuse de questionner ses propres habitudes, ses propres erreurs et ses propres responsabilités.

    Le professeur Manigat était un homme de connaissance dans un monde souvent dominé par l’émotion immédiate. Il croyait au pouvoir des idées parce qu’il savait qu’une idée peut traverser les générations lorsqu’elle touche une vérité profonde. Il appartenait à cette tradition des intellectuels qui considèrent que penser n’est pas s’éloigner du réel, mais au contraire chercher les racines invisibles des problèmes visibles.

    Son regard sur la politique nous invite encore aujourd’hui à une question fondamentale: voulons-nous seulement changer les acteurs ou voulons-nous changer la logique du système ? Car remplacer des hommes sans transformer les mentalités conduit souvent à reproduire les mêmes crises sous de nouveaux visages.

    Faire de la politique autrement, c’est accepter que le pouvoir n’est pas une récompense mais une charge. C’est comprendre que diriger un peuple exige plus que de l’ambition: cela exige de la connaissance, de la sagesse et une conscience profonde de l’histoire. C’est refuser que la politique devienne un théâtre où les promesses remplacent les projets et où les intérêts particuliers prennent la place de l’intérêt général.

    La grandeur de Leslie François Manigat est aussi d’avoir toujours défendu l’idée que l’intelligence devait avoir une place dans la conduite des affaires publiques. Dans une époque où l’on confond souvent popularité et compétence, émotion et vérité, agitation et action, son héritage nous rappelle que gouverner est d’abord un acte de réflexion.

    Son départ en 2014 a laissé un vide dans le paysage intellectuel haytien. Mais les grands hommes ne sont pas seulement ceux qui occupent un espace dans leur époque; ce sont ceux dont les idées continuent de travailler les consciences après leur disparition. Manigat appartient à cette catégorie d’hommes qui ne demandent pas seulement à être admirés, mais à être étudiés, discutés et surtout continués.

    Aujourd’hui, rendre hommage à Leslie François Manigat, c’est reconnaître que son combat dépasse sa personne. C’est comprendre que son appel à faire de la politique autrement demeure une urgence pour Hayti. Une urgence parce qu’un peuple ne peut pas espérer un avenir différent avec les mêmes façons de penser, les mêmes réflexes et les mêmes pratiques.

    Son message nous rappelle une vérité simple mais profonde: les nations ne changent pas seulement par les événements, elles changent par les consciences qui se réveillent.

    La voix de Leslie François Manigat continue donc de nous interpeller. Elle nous invite à dépasser la politique de la réaction pour entrer dans la politique de la vision. Elle nous appelle à construire une République où le savoir accompagne le pouvoir, où l’éthique accompagne l’ambition et où l’amour de la nation dépasse les intérêts individuels.« Il nous faut faire de la politique autrement ». Cette phrase reste comme une lumière dans la nuit politique haytienne. Elle est une invitation à penser, à agir et à croire qu’une autre manière de servir la nation est encore possible.

    Le véritable hommage au professeur Leslie François Manigat ne sera jamais seulement dans les monuments ou les cérémonies. Il sera dans notre capacité à transformer son idée en réalité: apprendre enfin à faire de la politique autrement.

    Auteur : Pierre-Erick
    Bruny |  Avocat Pénaliste et chercheur en
    philosophie | Conférencier | Citoyen engagé pour une nouvelle Hayti.

  • Entrevista com Pierre-Erick Bruny sobre crise no Haiti

    Entrevista com Pierre-Erick Bruny sobre crise no Haiti

    Nessa primeira parte da entrevista, o líder do Malê conta ao Diário Causa Operária o que o trouxe ao Brasil e quais são as origens históricas da atual crise no Haiti

    o dia 12 de maio entrevistamos Pierre-Erick Bruny, um dos fundadores do Movimento de Haitianos Livres e Independentes (M.AL.E) e publicamos uma breve resenha dessa conversa muito interessante. Neste final de semana publicamos em duas partes o conteúdo completo da entrevista, mais relevante do que nunca dada a chegada de tropas quenianas ao Haiti.

    Pierre, o que te trouxe ao Brasil e há quanto tempo você está por aqui? Eu estou aqui no Brasil há nove anos. Eu cheguei aqui no final de 2015. Inicialmente fui para Minas [Gerais]. Quando eu iniciei lá em Minas não deu certo porque vim para estudar com o objetivo de realmente voltar e ajudar meu país. Depois, mudei para o Paraná, para uma cidade chamada sarandi e depois para Maringá e lá realmente eu consegui ingressar na faculdade e lá eu faz ida de volta entre o Brasil e até hoje.

    E você organiza um movimento de haitianos expatriados, o Malê. Você poderia falar mais sobre ele? Eu criei, em 2017 em conjunto com o padre Décio, que é um padre eu diria que tem uma visão na linha que nós acreditamos e nos ajudou a criar essa fundação onde nós começamos a ajudar numa comunidade no Haiti dentro do departamento do Oeste e com a chegada da pandemia eu enxerguei que a fundação seria muito escrito para fazer aquilo que nós queremos fazer para o Haiti. Então eu decidi em 2023, em 2 de junho, – eu lembro a data porque daqui um tempinho vai ser aniversário do Malê de um ano – nós criamos o Malê.

    Malê, Movimento dos Haitianos Livres e Independentes, conta comigo aqui no Brasil encontrando os haitianos para que nós possamos nos organizar para ajudar na reconstrução do Haiti. O Malê tem jovem de todo o mundo haitiano, eu diria tem jovem representante no Chile; tem representante na República Dominicana; tem um vice coordenador de movimento que está nos Estados Unidos; tem nossa responsabilidade estratégica internacional política internacional também que está no Quebec; e nós temos a grande parte do da equipe lá no Haiti trabalhando encontrando as pessoas para fazer formação e realmente demonstrando para o povo haitiano que somos capazes realmente de reverter essa situação. Então o Malê é isso.

    Temos uma uma frase que eu que é fundamental para nós essa frase é: “construir o haitiano para a reconstrução do Haiti”. Nós entendemos que nós temos uma obrigação, especialmente a minha geração, de que não podemos deixar esse Haiti para uma outra geração. Eu diria que o Malê está trabalhando para a construção de seres haitianos no sentido cultural, no sentido político, no sentido sociológico para que realmente os haitianos tenham a capacidade de enfrentar o sistema imperialista que coloca o Haiti numa profundeza de tristeza e de miséria onde o povo haitiano não consegue realmente viver.

    Haiti aparece frequentemente na empresa internacional, infelizmente, retratando a severa crise política econômica que o país atravessa. Como você descreveria essa situação atual para o público brasileiro? Para entendermos a atual situação do Haiti, isso nos leva ao contexto histórico. Temos que lembrar que a independência do Haiti foi uma luta. O Haiti foi o primeiro um país de negros a conseguir a independência de forma mundial e foi segundo país na América depois dos Estados Unidos em 1776 a conseguir essa independência, apesar de que nós ajudamos os Estados Unidos também a conseguir a independência deles como escravos, naquela época. Mas quando nós derrotamos três forças imperiais, que eu diria porque fomos colonizados pela Inglaterra, pela Espanha, e depois a França, conseguimos derrotar os três potências mundiais naquela época, especialmente o exército napoleônico, que foi o maior naquela época e conseguimos a independência.

    Nosso pai que é o imperador Jean-Jacques Dessalines, que é Jacques I, quando conseguiu uma independência, criou, eu diria, um projeto econômico onde que ele colocava o ser humano no centro do desenvolvimento. E a visão que ele tinha do mundo não seria uma independência somente para o Haiti, era uma independência de qualquer país que tiveram escravos naquela época, que teriam que ser libertados. Por isso que a gente até ajudou Venezuela, Equador, nós ajudamos a Grécia também, enviamos alimentação para gregos, para que eles pudessem realmente naquela época se organizar. Com isso, a França e as grandes potências mundiais não queriam reconhecer a independência do Haiti. Depois, no dia 17 de outubro de 1806, ele foi morto, foi assassinado e foi colocado no poder o Pétion, que tinha um vínculo com a França e que pegou esse projeto que o pai da nação tinha para construir uma nação sólida… porque nesse projeto ele entendeu que não teria realmente a independência, a soberania, se realmente a gente não conseguia construir uma economia muito forte, se os seres haitianos não conseguem sobreviver no Haiti.

    Depois do assassino dele, nos anos de 1825, a França requer para que Haiti pagasse pela independência e com esse acordo a gente paga até 1990, por aí. Ou seja, a economia do Haiti foi realmente roubada, foi tudo destruído pela uma dívida que eles fizeram que a gente pagar para a gente ter a independência reconhecida. E pior ainda, nos anos de 1914 e 1915 nós sofremos uma ocupação uma ocupação militar dos americanos que ficaram no Haiti durante um período de dezenove anos 1915 até 1935-36. Ou seja foi um país destruído pelo sistema capitalista, especialmente americano. Isso colocar o Haiti nessa situação.

    Depois tivemos o presidente que conseguiria reorganizar o país para realmente recomeçar a caminhada só que eles colocaram um ditador como o Papa Doc que realmente estava no poder só para fazer a vontade dos americanos. Porque naquela época, quando o Papa Doc usou realmente a situação política, visto que a Cuba aliada do União Soviética naquela época e os americanos tinham medo de ter alguém no Haiti no poder que tivesse o mesmo cunho de Fidel Castro. Então eles colocaram lá o Papa Doc, que fez a vontade deles, realmente destruiu o Haiti. Com a derrota do sistema ditatorial, conseguimos colocar o presidente de forma democrática, mas não é a democracia porque nós sabemos muito muito bem que essa democracia que eles impõe não é uma democracia popular, do povo, o povo realmente não é soberano dentro dessa democracia. Com esse presidente, começou a encaminhar o país, que é o Jean Bertrand Aristide, e ele sofreu golpe militar porque ele tinha um discurso, eu diria, do povo, ele queria melhorar a condição da população. Ele sofreu um golpe militar e depois ele votou, foi candidato a conseguir ser presidente de novo. Sofreu um segundo golpe militar e depois os Estados Unidos realmente manteve o país uma situação com uma intervenção militar, mas essa intervenção militar nunca realmente trouxe algo para o Haiti. Colocaram então no poder Joseph Michel Martelly, que foi, eu diria, para manter o sistema americano-canadense-francês dentro do país. Ele realmente conseguiu organizar em cada lugar, região, gangues, porque ele não tinha uma legitimidade popular. Como não havia uma legitimidade popular eles fizeram com as armas, eles armaram a população, criaram gangues para oprimir o povo que queria se manifestar e é nesse sentido que hoje em dia as gangues tomam conta do poder, tomam conta do país e colocam o Haiti numa situação bem precária. Realmente, para resumir a situação do Haiti, é uma situação historicamente muito longa, mas, eu diria que foi um plano construído para realmente colocar o Haiti nessa situação. Ou seja, para resumir tudo isso, estamos ainda pagando o preço da nossa independência.

    Desde o assassinato do presidente Jovenal Moïsse, o Haiti não tem um presidente. Até abril deste ano, Ariel Henry governava o país como primeiro-ministro mas foi impedido de voltar ao país por um movimento conhecido como “família G9”, liderado por Jimmy Chérizier, mais conhecido por seu apelido “Barbecue”. Você pode nos explicar o que Henry fazia fora do Haiti e qual é o caráter do movimento liderado o Barbecue? É o seguinte, o Ariel foi colocado no poder depois do assassinato do presidente Jovenal Moïsse e realmente ele também era dp mesmo esquema e não tinha também uma legitimidade popular porque maioria da população já estava se manifestando contra o governo dele. Ele não queria deixar o poder, ele queria manter um sistema favorável a ele.
    O assassinato dele foi o embaixador dos Estados Unidos que, com um tuíte, colocou Ariel Henry no pode e desde então ninguém não conseguia tirar ele do poder. Ele tinha como aliados os Estados Unidos, Canadá, França e os países europeus que na maioria apoiavam ele. Chegou um momento que ele não conseguia fazer a eleição porque para o sistema imperialista… é importante eles se colocam atrás de um, eu diria, não é eleição como nós sabemos que deveria acontecer, mas num determinado momento ele tem que organizar uma para renovar o sistema. Com as gangues que tomaram conta do país de forma geral, Ariel Henry não consegui fazer nada. Então ele estava viajando para os Estados Unidos e lá impedem ele de voltar para o Haiti. Nenhum país queria receber ele então ele teria que renunciar ao poder. O que ele fez, e o CARICOM (Mercado Comum e Comunidade do Caribe), usado pelo pelos potências internacionais, foi colocar um conselho presidencial de nove membros pra liderar o país.

    Barbecue foi um policial que estava dentro do sistema da segurança do país e que durante o governo do presidente Jovenal Moïsse conseguiu realmente fazer um massacre, da população, das crianças, que foi uma coisa horrível naquela época, em 2018. Tinha um bairro que chama lá e a gente chama de Duas Mãos onde realmente massacraram a população, oprimiram a população. Essas mesmas gangues são usados pelo poder porque esses bairros são bairros que, quando tem grande movimentos de manifestação, são bairros que conseguem mobilizar milhões de pessoas para realmente manifestar contra o governo. O que o governo fez através de Barbecue e de outras gangues que tem pelo país foi conseguir, através das gangues, manter esse fogo dentro do bairro, para não conseguir manifestar, para não sair desses bairros para manifestar. Então são pessoas que faziam parte do sistema.

    Agora chegaram ao ponto é me parece que vai ter uma intervenção, o Barbecue conseguiu… Na verdade, não foi o Barbecue. Antigamente era a embaixada dos Estados Unidos que conseguia organizar as gangues dentro do Haiti. “Você é a gangue de tal bairro e você é a gangue de tal bairro, então vamos fazer uma organização para organizar vocês aqui para que vocês tomem decisões”.Não deu certo e cada gangue retornou ao seu bairro até porque eles não têm, esses gangues não têm uma formação, não têm um conhecimento, não têm uma causa realmente. Eles vão fazer o quê? Porque se você tem uma causa do povo, você não pode manter o povo oprimido, matando as pessoas que estão precisando você. A partir de um momento você sabe onde que está o sistema, você sabe quem controla o sistema e o sistema continua funcionando, a economia do sistema continua funcionando, nenhuma dessas pessoas nunca realmente sofreu atentado só a maioria da população que está sofrendo. E com isso eles conseguiram se organizar.

    Tinha o Guy Philippe que estava preso no Estados Unidos. Ele foi usado em 2003 para fazer manifestação, para uma rebelião contra o presidente democraticamente eleito naquela época que estava defendendo, que tinha uma pauta do povo, mesmo que fosse difícil politicamente, mas ele tinha uma pauta do povo e naquela época a população haitiana estava melhor. Ele participou disso, foi usado e virou sistema americano. Ele foi preso, foi acusado de ter usado droga, essas coisas, ele foi preso pelos Estados Unidos. Ele deveria ficar no Estados Unidos preso durante um período de nove anos e parece que fizeram um acordo que ele ficou em 5-6 anos. Ele foi colocado em liberdade e quando ele chegou no Haiti encontrou o povo desesperado atrás de um líder capaz realmente de ajudar a população a sair dessa situação. Então ele fez uma aliança com essas gangues para realmente conseguir chegar ao poder. Porém, como é o mesmo jogo, é o mesmo esquema do sistema, não deu o resultado. Agora eu diria que esse movimento nunca foi realmente diante da sociedade haitiana, nunca foi um movimento moralmente aceitável porque nós entendemos que são pessoas que mantem o povo numa forma de escravidão. Eles colocam o povo fora de casa, colocam fogo nas casas, queimando as pessoas, as crianças. Então realmente a maioria, a maior parte da população não enxerga nesses desenvolvimentos o movimento que poderia realmente salvar o Haiti.

    E agora é pior visto que o CARICOM, o sistema imperialista, consegue colocar essas pessoas no poder a instalação já foi feita e agora eles estão planejando para ver uma intervenção militar e praticamente, daqui a pouco, eles vão tentar organizar uma eleição para renovar o sistema lá no Haiti. As gangues, como historicamente foi no Haiti, vão ser eliminadas, uma a uma.

    Pierre-Erick BRUNY
    Avocat Pénaliste et chercheur en philosophie | Conférencier | Pdt MALE | Citoyen engagé pour une nouvelle Hayti.

  • Pierre-Erick Bruny explica a crise no Haiti e como enfrentá-la

    Pierre-Erick Bruny explica a crise no Haiti e como enfrentá-la

    « Construir o haitiano para a reconstrução do Haiti », diz o líder do MALE, o Movimento de Haitianos Livres e Independentes

    Em abril deste ano, o primeiro-ministro haitiano, Ariel Henry, foi impedido de retornar ao país por uma organização conhecida como “Família G9”, federação que reúne uma dúzia de “gangues”, membros da sociedade civil haitiana armados que se rebelaram contra o governo. Henry estava nos Estados Unidos e, em sua viagem ao exterior, chegou a negociar a vinda de milhares de policiais quenianos – conhecidos por sua brutalidade – para que viessem ao Haiti conter o avanço do G9, que efetivamente governa as comunidades pobres haitianas.

    O novo conselho presidencial de transição improvisado para governar no lugar de Henry também carece de legitimidade popular. O Haiti atravessa uma dura crise política desde julho de 2021, quando o presidente Jovenel Moïse, que se valia de todo tipo de expediente para evitar novas eleições, foi assassinado, criando um vácuo de poder preenchido por políticos de seu governo umbilicalmente ligado ao imperialismo norte-americano que, se um dia apoiou-se nas gangues que hoje compõem o G9, hoje as ataca recorrentemente através de seus porta-vozes na imprensa.

    Para entender as raízes dos problemas que impedem o desenvolvimento do Haiti – e condenam a população do país à miséria extrema – conversamos com Pierre-Erick Bruny, haitiano e advogado radicado no Brasil, em Toledo, no oeste paranaense. Bruny é fundador e líder do movimento MALE (Mouvman Aysyen Lib e Endepandan, ou Movimento dos Haitianos Livres e Independentes), que atua com a diáspora haitiana ao redor do mundo e no Haiti, com apoio à população e iniciativas para sua formação política. O conteúdo completo da entrevista de cerca de uma hora será publicado íntegra neste Diário ainda esta semana.

    Bruny chegou ao Brasil há nove anos e estabeleceu-se em Minas, onde não conseguiu concretizar sua ambição de estudar para retornar ao Haiti e ajudar seu país. O plano só foi colocado em marcha quando conseguiu mudar-se para Maringá, no Paraná, onde cursou a Faculdade de Direito.

    Sua iniciativa para organizar o povo haitiano em defesa de sua soberania, pelo desenvolvimento do país e contra o imperialismo, começa em 2017, mas é em 2 de junho de 2023 que isso se transforma no MALE, que tem representantes no Chile, República Dominicana, Estados Unidos, Canadá e, naturalmente, no próprio Haiti. O lema de sua organização é “construir o haitiano para a reconstrução do Haiti”.

    Colocamos a Bruny o desafio de explicar brevemente a crise haitiana.

    Para entendemos a atual situação do Haiti, isso nos leva ao contexto histórico. Temos que lembrar que a independência do Haiti foi uma luta, o Haiti foi o primeiro país negro a conseguir a independência de forma mundial e foi a segundo país na América depois dos Estados Unidos.”

    A Revolução Haitiana, porém, foi traída e os sucessores de Jean Jacques Dessalines no poder organizaram uma compensação aos franceses pela independência em 1825, que levou 122 anos para ser paga. Além disso, Bruny relata como os haitianos sofreram com uma ocupação militar na qual “os norte-americanos ficaram no Haiti durante um período de 19 anos desde 1915 até 1935”. O país foi então esmagado pela ditadura de “Papa Doc” e seu filho “Baby Doc” porque os Estados Unidos “tinham medo de ter alguém no poder com o mesmo cunho que Fidel Castro” no Haiti.

    Segundo Bruny, após o fim da ditadura, a pressão imperialista no país teria viabilizado o estabelecimento das gangues que dariam origem ao G9. Para ele, esses grupos “não são moralmente aceitáveis perante a sociedade haitiana” e apesar de seu enfrentamento momentâneo contra os títeres imperialistas no país, não têm futuro político. Com a estabilização de um governo pró-imperialista no país, possivelmente viabilizada por uma intervenção militar, as gangues “serão eliminadas um a um como historicamente acontece no Haiti”, disse Bruny.

    Dentro desse movimento nós entendemos e nós compreendemos e sempre foi assim… as gangues do Haiti. São financiados pelo mesmo sistema: é um jogo de poder. Quem entrega as armas e munições para eles são os mesmos norte-americanos [que apoiam o governo]”.

    Bruny acrescenta que Jimmy “Barbecue” Chérizier, líder do G9, já atuou a serviço do governo ex-presidente Moïse na repressão de setores rebelados da população, ainda que hoje tenha um discurso diametralmente oposto em relação ao governo haitiano.

    Sobre as intervenções, inclusive a organizada pela ONU na qual o Exército Brasileiro teve participação vergonhosa, Bruny relata que sempre “deixaram o país numa condição miserável muito pior” do que antes que entrassem no país.

    Sobre o programa do MALE para o Haiti, Bruny destacou:Nós temos que construir haitianos capazes realmente de colocar o bem comum antes de tudo. Capazes de realmente construir um país que tenha uma soberania. Nós temos que construir, o MALE tem essa proposta, de construir o haitiano para que esses haitianos possam construir um sistema educacional forte, uma economia forte, uma agricultura forte, capaz de responder às necessidades haitianas. Porque se nós continuamos fazendo política dessa mesma forma, sem essa construção, sempre nós vamos ter pessoas que vão vender o Haiti… por um visto, por um carro, por uma casa.”

    Para o líder haitiano também é fundamental a questão da agricultura, para que o Haiti tenha soberania, seja autossuficiente nessa necessidade básica, a alimentação, e possa enfrentar a pressão imperialista.

    “Estamos trabalhando em muitos países porque entendemos que os haitianos em qualquer país que estejam tem uma parte da contribuição da reconstrução do Haiti. E, ao mesmo tempo, nós temos equipe lá no Haiti estão indo e encontrando as pessoas para fazer formação”, continua.

    Finalmente, quando questionado se a luta do povo palestino era uma inspiração para seu movimento, Bruny respondeu que almeja para o povo haitiano a mesma determinação.

    “Nós realmente enxergamos na resistência palestina como algo surpreendente que nos faz lembrar de quando nossos parentes eram escravos. Quando eles realmente lutaram contra o exército inglês, contra os espanhóis, contra a França. Era a resistência por uma causa, pela liberdade. Mas não era somente uma liberdade para os haitianos, é uma liberdade universal, é uma liberdade de todos os povos do mundo”

    Pierre-Erick BRUNY
    Avocat Pénaliste et chercheur en philosophie | Conférencier | Pdt MALE | Citoyen engagé pour une nouvelle Hayti.

  • Tantasyon sovè ki sòti lòt kote : Yon pyèj mantal ki la depi lontan !

    Tantasyon sovè ki sòti lòt kote : Yon pyèj mantal ki la depi lontan !

    Istwa pa konstwi sèlman ak selfi ni ak bel diskou. Li konstwi ak enstitisyon solid, konsyans sitwayen, edikasyon politik popilè, ak yon ekonomi fò.

    Depi epòk kolonyal la, Ayiti kenbe nan yon imajinè kote pouvwa, konesans, solisyon, fòs ta sipoze sòti lòt bò dlo. Kit se relijyon (misyonè), politik (pwotèktè etranje), ekonomi (envestisè), oswa menm batay sosyal (militan panafrikanis etranje), nou souvan enteryorize lide ke delivrans nou dwe soti nan peyi etranje.

    Dènye vizit Kemi Seba an Ayiti – yon figi medyatik nan mouvman panafrikanis radikal la – antre nan dinamik sa a. Prezans li pote anpil antouzyasm, admirasyon, espwa. Men li revele tou yon patoloji kolektif ki pi fon : enkapasite pou nou kwè ke se pa lòt moun k ap vinn sove nou, men se nou menm ki dwe sove tèt nou. Tendans sa a, Fanon rele li alyenasyon kiltirèl, sa vle di lè yon pèp ki sibi dominasyon sispann kwè li ka panse tèt li, gouvène tèt li, chanje tèt li.

    Kemi Seba se yon militan politik fransè-beninwa, li fè non li nan pozisyon li kont Lafrans ak mouvman panafrikanis la. Li denonse Fransafrik, li kritike neyokolonyalis, li kont monnen CFA a. Gen aspè ki lejitim nan konba li. Tout fwa, li chaje ak enterè pèsonèl, alyans estratejik, e pafwa li rapwoche ak rejim otoritè an Afrik.

    Li pa Ayisyen. Li pa janm viv reyalite sosyal, lengwistik, ak istorik pa nou. Li pa janm soufri grangou nan Site Solèy, ni li pa janm viv kè sote gang. Wi, li pale sou panafrikanis, se yon bon bagay. Men batay ayisyen an pa yon chapit segondè nan istwa Afrik. Se yon batay espesyal, ki sòti nan istwa revolisyonè, politik ak jewopolitik pa nou.

    Vizit tankou sa Kemi Seba fè yo se tankou espektak politik : yo bay enpresyon pèp la ap leve, ke gen yon priz konsyans, e se yon moman istorik. Souvan, lè yo ale yo kite dèyè vid, san estrikti, san òganizasyon, san plan reyalis. Ayiti deja pase misyonè, ONG, ajan Nasyon Zini, vedèt, chèf relijye, pansè etranje. Men ki rezilta yo? Istwa pa konstwi sèlman ak selfi ni ak bel diskou. Li konstwi ak enstitisyon solid, konsyans sitwayen, edikasyon politik popilè, ak yon ekonomi fò.

    Yon moun lib se yon moun ki pa ret tann anyen de pyès moun, se sa Jean-Paul Sartre te ekri. Se verite ayisyen jodi a. Pyès moun p ap vin fè sa nou menm nou refize fè pou tèt nou.

    Revolisyon 1804 la te yon zak delivrans pou tèt nou. Pa gen Afriken ki te vin limen dife a. Pa gen Ewopeyen ki te vin delivre nou. Se te yon pèp esklav, anmajorite analfabèt, ki kraze lame ki te pi fò nan epòk la. Yo pa t ret tann yon Kemi Seba. Yo te aji. Poukisa jodi a, jenès nou an ap chèche modèl lòt bò? Poukisa nou bezwen yon “gran frè Afriken” pou vin di nou kiyès nou ye? Nou dwe kraze lojik sa a.

    Kemi Seba sèvi ak yon retorik popilis ki fasil touche imajinè kolektif la : anti-enperyalis, rejè de Loksidan, apèl pou inite nèg. Men si diskou sa yo pa akonpaye ak rigè politik ak rasin lokal, se senp slogan y ap rete.

    Ayiti pa bezwen plis bèl diskou. Sa li bezwen se : refondasyon Leta a; refòm sistèm edikatif la; yon plan jistis sosyal; granmounite nou; fyète nou; diyite nou; aksè inivèsèl ak dlo, elektrisite, sante, travay, elt. ak yon mouvman politik ki pran rasin nan katye popilè yo ak nan provens yo.

    Pa gen etranje ki ka òganize sa pou nou. E Kemi Seba, malgre bèl pawòl li, li p ap viv nan katye pa nou, li p ap fè fil pou jwenn paspò, li p ap sibi imilyasyon n ap sibi yo.

    Thomas Sankara, gran figi panafrikanis revolisyonè, te di : « Sa ki ba w manje a ap kontwole w ». An nou mete sa sou yon lòt fòm : sa ki panse pou ou, ap dirije w. Sa ki mobilize w san li pa konnen w, ap itilize ou.

    Granmounite se pa yon drapo ni yon diskou. Se endepandans nan panse, nan estrateji, nan vizyon. Vre souverènte ayisyen an kòmanse lè chak sitwayen ayisyen vin aktè politik, pwodiktè solisyon, pou bati lavni li.

    Sa Ayiti bezwen, se pa yon lòt figi spektakilè ki sòti aletranje. Se plizyè dizèn, plizyè santèn, plizyè milye jèn lidè ayisyen, ki gen rasin lakay, ki gen konesans, ki angaje, ki gen fòmasyon politik, ki kapab kenbe tèt kont kòripsyon, laperèz ak dekourajman.

    Se nou menm ki dwe : rebati memwa kolektif ayisyen an; reenvante rèv nasyonal la; mete ansanm peyizan, pwofesè, enfimyè, atis, avoka, migran, elt.

    Ayiti pa bezwen yon lòt gid. Vizit Kemi Seba a dwe sèvi nou kòm leson, pa kòm modèl. Yon leson vijilans, fas ak bèl pawòl ki vid. Yon leson klète, fas ak tantasyon pou nou kouri kite responsablite istorik nou. E pi enpòtan toujou, yon leson reangajman nan pwojè nasyonal pa nou. Moun ki kwè chanjman ap sòti lòt bò, se moun k ap kontinye soumèt tèt yo.

    Pa janm bliye sa, pa janm mande sa peyi w ka fè pou ou, mande pito sa w ka fè pou peyi w, jan John F. Kennedy, prezidan Etazini an te di l.

    Pierre-Erick BRUNY
    Avocat Pénaliste et chercheur en philosophie | Conférencier | Pdt MALE | Citoyen engagé pour une nouvelle Hayti.